L'alcool au travail reste tabou. Les salariés comme les employeurs restent démunis devant la consommation excessive d'alcool. D'autant qu'elle est tolérée, implicitement, lors des pots ou des réunions. La législation vise essentiellement trois objectifs : limiter l'introduction de boissons alcooliques dans l'entreprise; interdire la présence de personnes en état d'ébriété; permettre aux salariés de satisfaire leur soif en leur proposant des boissons sans alcool. Mais elle reste évasive quant aux mesures à prendre. C'est à l'entreprise de définir, dans son règlement intérieur, les critères de diagnostic, et de traitement, de l'ivresse au travail.
Vous êtes témoin de l'alcoolisme d'un collègue ? A votre niveau, vous ne pouvez que prévenir le médecin du travail, ou, à défaut, votre comité d'entreprise. Ou, mieux, le convaincre d'en parler de lui-même. Seul le médecin du travail peut décider de l'aptitude, ou de l'inaptitude, d'un salarié. Selon le Bureau International du Travail (BIT), "les problèmes liés à l'alcool et aux drogues devraient être considérés comme des problèmes de santé et traités par conséquent sans aucune discrimination".
L'employeur peut légalement sanctionner les fautes professionnelles liées à l'alcool ou à la drogue. Mais le BIT prone la mise en place de "programmes d'assistance aux travailleurs". Leur but : fournir une assistance confidentielle aux salariés - et souvent aussi à leur famille - pour les aider à faire face à leurs problèmes liés à l'alcool ou aux drogues, dans un cadre neutre. Ces programmes se limitent parfois à un premier examen et à orienter ceux qui s'adressent à eux vers des médecins, ou des groupes d'entraide. Mais ils peuvent consister aussi en des activités d'information, d'éducation et de formation à l'intention des salariés et de leur encadrement direct.
Pour en savoir plus
- France 5.fr : Entreprises et toxicomanies, une relation ambigüe
- ANPA : association nationale de prévention de l'alcoolisme
Article rédigé le 24 juin 2003 par Bruno Mathon