Les troubles musculo-squelettiques (TMS) représentent aujourd'hui 60% des maladies professionnelles. En 2010, ils ont entraîné une perte de 9,7 millions de journées de travail et représenté un coût de 930 millions d'euros.
Le ministère du travail donnera demain le coup d'envoi officiel du 4e volet de la campagne de prévention contre les TMS.
Des TMS qui continuent de progresser
Une campagne d'information dans la presse, à la radio qui se veut un peu décalée. De l'humour "absurde" car selon le directeur général du travail, Jean-Denis Combrexelle, "ce sont souvent des situations absurdes qui entraînent des accidents du travail". Surtout, insiste-t-il, "il faut maintenir la pression".
Car malgré les campagnes de sensibilisation, les TMS continuent d'augmenter de façon constante. Même si l'une des explications, selon le directeur général du travail, tient au fait que la reconnaissance des maladies professionnelles s'est améliorée. "Il est donc difficile de mesurer les efforts réalisés".
L'accent est mis sur la sensibilisation des entreprises
Cette année, le ministère a souhaité s'adresser tout particulièrement aux chefs d'entreprise, aux DRH et aux cadres.
"Nous souhaitons être moins institutionnels et plus opérationnels en visant des grands secteurs comme le BTP, l'agriculture et un certain nombre de populations : les intérimaires et les seniors. L'objectif est de stabiliser le nombre de maladies professionnelles".
Et dans cette démarche, les entreprises doivent jouer un rôle très important. "Elles doivent réfléchir aux facteurs qui sont à l'origine des TMS (gestes répétitifs, cadences, port de charges lourdes), aux questions d'organisation de travail (temps de récupération, polyvalence, variation des tâches...), et autres facteurs en cause (stress, vibrations, froid)".
Associer les collaborateurs à la démarche
Présente hier, Maud Benhamou, la DRH de l'hôtel Lutétia, a fait part de son expérience. Arrivée il y a plus de 3 ans à l'hôtel, Maud Benhamou s'est rapidement préoccupée du nombre de journées de travail perdues.
"De nombreux arrêts de travail étaient liés aux TMS, surtout au niveau des membres supérieurs car il y a des gestes très répétitifs dans nos métiers. Aidés par des professionnels de la santé au travail nous nous sommes engagés dans une démarche participative portée par nos collaborateurs. Ainsi, par exemple, les femmes de chambre de l'hôtel ont elles-mêmes choisi les situations de travail qu'elles souhaitaient analyser. Elles se sont observées pour identifier ce qui est pénible".
C'est ainsi que l'hôtel s'est doté de bras téléscopiques dépoussiérants et de chariots motorisés pour le linge. L'hôtel réalise également des tests pour des lève-lits. "L'idée est que ce soit les salariés qui choisissent l'appareillage et de leur faire tester avant".
Et pour la DRH, les bénéfices sont indéniables. Pour tout le monde. "Les collaborateurs se sentent valorisés : c'est eux qui portent la démarche et en ressentent les bienfaits au quotidien. Le nombre de jours perdus a diminué de 34% et à notre enquête de satisfaction entre 2010 et 20011 on est passés de 54 à 82% de salariés satisfaits de la protection contre les accidents du travail".
Entreprendre des actions sur le long terme
Un témoignage qui atteste bien qu'une politique de prévention peut entraîner rapidement des effets positifs.
C'est bien l'avis de Jean-Baptiste Obéniche, le directeur de l'Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail (Anact). "Il y a des marges de progression importantes pour les entreprises qui n'ont encore rien fait", assure-t-il, soulignant toutefois que "la difficulté pour les entreprises n'est pas de tenter quelque chose mais d'installer des actions durables, ce qui doit être le rôle du document unique. L'idéal est d'avoir une méthodologie qui soit liée à l'activité et non aux symptômes afin de pouvoir prendre en compte les changements dans l'organisation."
Pour accompagner les entreprises, le site ministériel dédié aux conditions de travail propose aux entreprises des documents actualisés sur les TMS et une fiche méthodologique.
Par ailleurs, des actions d'accompagnement sont déclinées au niveau régional. Vous pouvez contacter votre Direccte ou l'Aract de votre région.
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