La Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES) considère qu’en matière de recrutement pour un poste informatique, "la spécialisation technique, l’expérience ne sont qu’une partie des critères", l’âge constituant "un des critères inavouables mais strictement respecté"*.
Avec cette conséquence : aujourd’hui, les plus de 40 ans, et plus particulièrement les plus de 50 ans, sont sous-représentés dans les métiers de l’informatique.
Informatique et "jeunisme"
Régis Granarolo, président de Munci, association professionnelle d’informaticiens, confirme ce constat, notamment au sein des SSII (Sociétés de services en Ingénierie informatique), qui représentent près des 3 / 5 des 500 000 postes informatiques existant en France : "Le modèle économique qui prévaut désormais est le jeunisme : les entreprises qui sollicitent les SSII pour embaucher des informaticiens fixent des critères de sélection en matière d’âge."
Les raisons avancées ? "Les entreprises considèrent que les plus jeunes sont mieux formés aux dernières technologies, sont plus dynamiques. Elles se justifient en prétextant rechercher une plus grande homogénéité des équipes, craindre de possibles conflits de générations ou le manque de mobilité géographique des seniors", poursuit Régis Granarolo. A cela s’ajoute le coût plus important d’un informaticien senior dans un secteur où "les salaires sont très contenus".
Avant tout, être passionné
Jean-Paul Avocat, Directeur de l’organisme de formation Cyberblog, nuance le tableau : "S’il est vrai que les SSII recrutent plus facilement des jeunes, essentiellement pour des questions de coût, il reste un vivier d’emplois pour les moins jeunes, dans les services informatiques des PME par exemple. Par ailleurs, il existe une grande variété de métiers informatiques. On ne peut donc pas affirmer que tout le secteur informatique est fermé aux plus de 40 ans ! D’ailleurs, nous accueillons dans nos formations des personnes de 28 à 55 ans, en reconversion professionnelle."
"Le secteur de l’informatique est en renouvellement perpétuel, en terme de langage et de technologie mais aussi sur le plan sociétal, explique Jean-Luc Ruby, Directeur général de Nextformation. De nouveaux champs apparaissent – webmarketing et réseaux sociaux par exemple. Il est donc indispensable de suivre cette évolution, y compris au sein de sa propre entreprise pour anticiper les besoins. Pour moi, il n’y a pas de seniors ou de jeunes, il y a avant tout des personnes passionnées et réactives."
Choisir la bonne formation
Pour se former, se reconvertir ou rester au fait des dernières avancées technologiques, nombreuses sont les formations, dont certaines sont diplômantes ou certifiantes.
Avec un profil de candidats essentiellement scientifique (Bac+3 ou +5) ou informatique (DUT ou BTS). "Pour être sûr de choisir une formation adaptée, il est important de bien définir son projet professionnel en amont et de le mettre en cohérence avec son propre parcours et les besoins du marché", conseille Jean-Paul Avocat.
Pour Jean-Luc Ruby, "la formation est inhérente à tout métier informatique et doit est poursuivie tout au long de la vie professionnelle. Par des modules classiques de formation, que les entreprises proposent à leurs salariés, mais aussi par la veille et l’attention personnelle portée aux nouveautés".
* Durer au travail dans les métiers de l’informatique : quelles conditions de possibilité
Étude sociologique des devenirs de cadres informaticiens
Novembre 2008
En savoir plus
- Munci, association professionnelle des informaticiens
- nextformation.com
- Consulter le chat forum sur la question organisé en partenariat avec la Cité des métiers de Paris et Pôle Emploi.