Ni trop, ni pas assez
Prenez garde à ne pas vous surestimer et inversement à ne pas vous sous-estimer. Dans les deux cas, cela peut vraiment faire très mauvaise impression. Car cela équivaut à dire que vous avez un ego surdimensionné ou au contraire que vous êtes peu sûr de vous. C'est souvent dès la réponse à l'offre d'emploi que ce travail d'évaluation vous est demandé, car certaines annonces réclament d'emblée vos prétentions. Cela permet aux recruteurs de trier plus rapidement les candidatures ! Ne rien indiquer peut être risqué car votre dossier est susceptible, pour cette raison, d'atterrir directement dans la corbeille...
Conseil d'expert : "Postuler dans d'autres entreprises en répondant à des offres, vous permet de tester l'intérêt que vous portent des employeurs potentiels. Restez très discret à propos de vos démarches, faites ça chez vous. Il ne faut pas que votre responsable apprenne par une tierce personne que vous recherchez ailleurs. La situation risque de vous retomber dessus. Vous pouvez également consulter des cabinets de recrutement ou de chasseurs de têtes, tenus à la confidentialité, afin d'avoir une idée de la valeur de votre profil. Cette démarche vous rassure quant à votre valeur sur le marché du travail et aux opportunités possibles. Ainsi, vous pouvez négocier avec votre employeur en toute connaissance de cause. Si cela ne donne rien, vous pouvez jouer carte sur table : l'entreprise est en bonne santé, vous avez obtenu des résultats, et vous souhaitez une augmentation. En cas de refus, indiquez à votre employeur que vous avez d'autres pistes. Une manière de peser dans la négociation. Mais, il ne faut pas y aller au bluff, vous risquez gros", souligne Philippe Guittet, fondateur de PG Conseil, un cabinet spécialiste de la gestion de carrière
Evaluez-vous
Renseignez-vous sur le cours du marché et sur les salaires des profils vers lesquels vous vous orientez, à travers notamment des enquêtes salariales qui paraissent dans la presse ou en consultant les annuaires des anciens de votre école. Dans certains secteurs, il existe des grilles auxquelles vous pouvez vous référer. Elles sont définies par les conventions collectives et les recruteurs doivent s'y tenir. Des seuils minimum sont ainsi souvent fixés. Ce qui réduit la marge de négociation pour les jeunes... Sinon, sachez que l'entreprise pour laquelle vous postulez a déjà son idée. Et en général, elle dérogera peu à la rémunération qu'elle s'est fixée.
Relancez le recruteur
Lors de l'entretien d'embauche, chacune des parties en présence attend, plus ou moins, que l'autre annonce un chiffre. Si c'est à vous de répondre en premier à la question fatale : "quelles sont vos prétentions ?", essayez de relancer la balle dans le camp du recruteur en l'interrogeant à votre tour sur ce qu'il compte offrir. Cela vous laissera le temps de vous caler sur ce qu'il propose. S'il insiste, proposez une fourchette plutôt qu'un chiffre précis. Attention, vérifiez bien que vous parlez de la même chose : est-ce un salaire brut ou net (la différence est d'environ 20%), mensuel ou annuel ?
Conseil d'expert : "Si vous êtes arrivé au stade de l'entretien, c'est que vous correspondez au poste à priori. Le fait que votre profil "colle à la description du poste" ne vous met pas en position de force, vous serez tout au plus en concurrence avec d'autres candidats. Votre connaissance du poste va peser dans les négociations bien sûr. Mais ce qui fera la différence, c'est votre capacité à apporter une plus value et des compétences que d'autres n'ont pas. Par exemple, la connaissance d'une langue ou d'un marché nécessaires à l'entreprise peut être un atout pour négocier son salaire. Si vous avez d'autres pistes concrètes, vous pouvez faire jouer la concurrence. Attention, attendez le 2e ou 3e entretien pour en parler, lorsqu'il reste trois ou quatre candidats en lice pour le poste. N'oubliez pas que le recruteur aussi fait jouer la concurrence. Lorsque la procédure aura avancé, il va sans doute vous questionner sur les pistes que vous avez. Soyez assuré qu'il se renseignera de son côté", explique Philippe Guittet, fondateur de PG Conseil, un cabinet spécialiste de la gestion de carrière
Evitez de mentir sur votre ancien salaire
Si vous passez par un cabinet de recrutement, on vous demandera sûrement vos fiches de paie. Et si ce n'est pas le cas, on réussira toujours à vous sonder à travers des questions croisées.
Statut quo
Si l'employeur refuse de négocier, tentez de voir s'il est possible d'obtenir d'autres avantages en demandant, par exemple, que votre salaire soit réexaminé après la période d'essai ou essayez d'obtenir une participation aux bénéfices, une prime sur objectifs, voire une formation.