Pour de nombreux salariés, concilier vie professionnelle et vie de famille n'est pas une équation facile. Mais lorsque vient s'ajouter la prise en charge d'un parent malade ou vieillissant, le quotidien se complique davantage. Selon l'Union nationale des associations familiales (UNAF), "on peut estimer qu'au moins deux millions de personnes en France sont l'aidant principal d'une personne proche ayant besoin d'aide."
Une grande majorité de femmes. Conjointes, filles ou belles-filles, les aidants familiaux qui accompagnent un parent âgé devenu dépendant sont dans 77 % des cas des femmes et 60 % des aidants ont une activité salariée. C'est le cas d'Elisabeth, 51 ans, infirmière, dont la vie personnelle et professionnelle a été bouleversée depuis l'annonce de la maladie d'Alzheimer de sa mère. "A peine mes enfants arrivent à un âge où ils sont plus autonomes, je me suis retrouvée avec de nouvelles charges familiales. Bien entendu, je considère que c'est mon rôle d'assister ma mère mais cette maladie engendre un stress continu chez l'entourage familial et dévore mon quotidien. Je dois à présent gérer mes jours de congés, mes RTT en fonction des besoins de ma mère. Par ailleurs, à la fin de mes journées de travail, je me rends à son domicile pour prendre soin d'elle. Avec l'évolution de la maladie, je sais que cette charge deviendra de plus en plus lourde à porter et aura des incidences sur mon travail" explique-t-elle.
Le congé de soutien familial. Longtemps oubliées, les difficultés rencontrées par les aidants familiaux ont fait l'objet d'une réflexion au cours de la Conférence de la famille 2006. "Les personnes qui souhaitent se consacrer à un parent dépendant, le temps de lui choisir une place en établissement, ou qui sont obligées de cesser leur activité pour s'en occuper, sont souvent contraintes d'abandonner leur activité professionnelle sans perspective de retour à l'emploi, à l'issue de la période passée auprès de la personne aidée" soulignait la Conférence de la famille 2006. Face à ce constat, la création d'un congé de soutien familial de trois mois, renouvelable dans la limite d'un an, a été décidée. Mis en oeuvre depuis le 1er janvier 2007, ce nouveau congé permet au salarié, justifiant d'une ancienneté minimale de deux ans, de suspendre son activité pour s'occuper d'un proche, handicapé ou présentant un niveau élevé de perte d'autonomie. L'employeur ne peut refuser ce congé, mais ce dernier ne touche plus son salaire. Le salarié peut toutefois être rémunéré en qualité d'aidant familial par la personne assistée qui perçoit à ce titre la prestation de compensation du handicap ou l'Allocation personnalisée d'autonomie (APA). Les droits à la couverture maladie et à la retraite sont maintenus pendant la durée du congé.
Le congé de solidarité familiale. Les salariés qui doivent s'absenter pour assister un parent souffrant d'une pathologie mettant en jeu le pronostic vital peuvent recourir au congé de solidarité familiale qui remplace, depuis 2003, le congé d'accompagnement d'une personne en fin de vie. D'une durée maximale de trois mois, renouvelable une fois, ce congé non rémunéré (sauf dispositions conventionnelles plus favorables) peut se transformer, avec l'accord de l'employeur, en période d'activité à temps partiel.
En savoir plus :
Le guide de l'aidant familial (format pdf)
Publié fin avril 2007 par le Ministère de la famille et de l'enfance, ce guide réunit toutes les informations pratiques et les conseils utiles sur les droits de l'aidant et de son proche dépendant.
L'Association française des aidants familiaux
Cette association écoute, conseille et oriente les aidants familiaux souvent confrontés à l'épuisement ou au surmenage. Parmi les services proposés : une permanence téléphonique nationale et des rencontres au cours des "cafés des aidants" dans toute la France.