Régulièrement, l'artisanat bat la campagne pour faire connaître ses 250 métiers et ses opportunités. L'objectif est toujours le même : persuader en particulier les jeunes à rejoindre la "première entreprise de France". Car il y a urgence. 500 000 chefs d'entreprise artisanales et près d'un million de leurs salariés partiront à la retraite d'ici 15 ans.
Une image plus positive. Choisir l'artisanat, c'est s'assurer une bonne formation, notamment grâce à l'apprentissage, et un emploi. Une étude TNS-Sofres (mai 2004) abonde dans ce sens : 87% des 15-24 ans considèrent que l'artisanat tient "une place importante dans la formation des jeunes". Un sur deux pense qu'il est facile de trouver un emploi après s'être formé à un métier d'artisan. 83% d'entre eux estiment même que l'artisanat est "une chance pour un jeune qui veut entreprendre". Une "cote" en hausse pour un secteur qui souffre encore d'une image peu valorisante.
175 000 jeunes formés par an. Chaque année, 350 000 jeunes suivent un cursus en alternance. La moitié d'entre eux se forme à un métier artisanal grâce à l'apprentissage. Gratuit et rémunéré, il est accessible de 16 à 25 ans et ouvre de rapides perspectives d'embauche : pl us de 75% des jeunes diplômés décrochent un contrat de travail à durée indéterminée (CDI). Et la moitié des apprentis artisans (dont 18% de femmes) deviennent chef d'entreprise dans les 10 ans qui suivent leur entrée dans la vie active. Autre moyen d'accès à l'artisanat : le contrat de professionnalisation, accessible à tous, aux chômeurs comme aux salariés, même à ceux qui souhaitent se reconvertir, et sans limite d'âge. Ainsi voit-on de plus en plus d'anciens demandeurs d'emploi créent une entreprise artisanale.
Une voie d'avenir. Le secteur représente 840 000 entreprises, un chiffre d'affaires de 161 milliards d'euros de chiffre d'affaires et plus de 2 millions et demi d'actifs. On estime à 100 000 le nombre de recrutements par an. Certaines filière manquent cruellement de main d'oeuvre. 50 000 postes sont à pourvoir dans le bâtiment (maçons, couvreurs, plâtriers, serruriers...) et 6 000 postes dans la boucherie. Dans les 15 années à venir, 500 000 chefs d'entreprises artisanales et près d'un million de leurs salariés partiront à la retraite, qu'il faudra remplacer. Autant dire que les opportunités d'embauche ou de reprise d'entreprise pour ceux qui veulent se lancer, sont importantes.
(Avril 2005)