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L'agriculture biologique française se situe au treizième rang des pays européens, loin derrière l'Autriche ou l'Allemagne, avec plus de 11 300 exploitations, soit plus de 1,7% des surfaces cultivées. En 2003, la croissance du marché bio a cru de 6% à 9%, contre environ 20% par an les années précédentes, sous la poussée des crises alimentaires successives. Côté consommation, 57% des ménages ont acheté au moins un produit bio en 2003 (source : institut TNS Media Intelligence). A titre de comparaison, ils étaient 80% en Grande-Bretagne. Et Biocoop, le premier réseau de magasins bio en France, compte 230 points de vente début 2004, contre 187 en 2003.
De l'agrobiologie à la coopérative
L'agriculture biologique ou agrobiologie se distingue par son mode de production : pas d'utilisation de produits chimiques de synthèse et d'organismes génétiquement modifiés (OGM), recyclage des matières organiques, utilisation des médecines douces pour l'élevage... Plusieurs milliers d'acteurs suivent ces principes. Ce sont par exemple les éleveurs d'ovins, de caprins ou de volailles, les viticulteurs, les arboriculteurs, les maraîchers ou aquaculteurs, certains cumulant plusieurs spécialités. Ils vendent leurs produits soit sur des marchés locaux, soit dans des magasins spécialisés (un peu moins d'un millier) comme des coopératives ou dans des grandes surfaces.
De la préparation à l'importation
Entre la production et la vente, interviennent d'autres catégories de professionnels certifiés bio. Ce sont les 5 200 préparateurs-transformateurs : des entreprises de stockage, des huileries, meuleries, semouleries, boulangeries, pâtisseries, torréfacteurs, abattoirs... Leur outil industriel doit répondre à un cahier des charges drastique. Comme la France ne répond qu'à 7% de la production, elle a recours à l'importation. Les importateurs - une centaine - se ravitaillent au Maroc, en Argentine, au Sri Lanka pour les épices et le thé, à Madagascar... Des pays qui doivent bien sûr prouver qu'ils utilisent des règles de production bio.
Un succès commercial mitigé
Selon la dernière étude de l'Agence Bio réalisée en 2004, 83% des Français ont une très bonne image des produits bio. En tête des ventes, viennent les produits laitiers frais (comme le fromage, le yaourt, le beurre), puis les oeufs, suivis des fruits et légumes, du pain et des céréales aexequo avec les vins et des volailles et viandes. Le prix reste la cause principale de non-achat des produits bio : 86% des Français les jugent trop chers. Le surcoût peut varier de 40% à 100% selon le lieu de vente (sources : Agence Bio).
L'emploi
Le marché est porteur. Il s'est créé près d'une centaine de nouvelles exploitations entre 2002 et 2003. L'agriculture biologique est très gourmande en main-d'oeuvre, plus que l'agriculture traditionnelle, notamment lors de la récolte et du conditionnement des fruits et des légumes. Du côté des préparateurs-transformateurs, la tendance est à la concentration et à l'augmentation de la taille moyenne des entreprises. Le développement de l'emploi dépend en partie des débouchés des produits. Même si les grandes surfaces sont les premiers vendeurs de produits bio, elles offrent un choix plutôt limité. Ce qui freine d'autant les achats des consommateurs...
(Article rédigé en 2008)
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