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"Je voulais continuer à travailler avec l'Amérique latine et faire connaître ces produits méconnus, ces produits qui viennent du cœur". Quittant son métier d'enseignante et avec l'aide financière de son mari, Ana-Rita prend son indépendance et se lance en 2006 dans le commerce de textiles, d'accessoires, d'objets déco, de livres et de disques de musique traditionnelle venus d'Equateur. Des produits en bois, en coco, tous différents et qui demande un travail minutieux très reconnu à la "mecque de l'artisanat" qu'est l'Equateur en Amérique latine. Sur place, une personne s'occupe de faire acheminer les produits par avion jusqu'en France. "Je n'ai pas le label Commerce équitable, ça ne me dit rien d'avoir un label. Pour qui c'est équitable ?" demande la jeune colombienne avec aplomb.
Une galère
La petite taille de l'entreprise empêche l'achat en gros. "Depuis le début, la situation est délicate. Je n'avais aucune connaissance de l'achat et des financement mais je suis une fonceuse." Elle suit une formation du plan local pour l'insertion et l'emploi (PLIE) pour monter son projet et son plan de financement. Mais rétrospectivement, elle constate avoir été plutôt mal soutenue : "Les formateurs n'avaient aucune compétence et nous leur avons fait confiance. On m'a conseillé 100 euros de budget pour la publicité au lancement et de ne pas investir dans un outil informatique !" déplore t-elle. Néanmoins, les clients sont au rendez-vous : "des Français, beaucoup de femmes et surtout des connaisseurs, des voyageurs curieux de la culture hispanique ou souhaitant revivre les sensations de leur séjour. Mais les gens sont assez peu ouverts à ce qui vient de l'extérieur, peut-être une ville plus cosmopolite…". L'association dont elle est vice-présidente, Escale, encourage la rencontre entre les cultures hispaniques et européennes et sert la notoriété de l'entreprise. "Je peux témoigner de la difficulté, en tant qu'épouse et mère de deux enfants, de s'accomplir dans ce domaine". Déçue parce qu'elle n'a pas pu "faire tout ce qu'elle aurait voulu faire" mais passionnée, Ana-Rita continue de faire des projets pour son entreprise et surtout elle garde le sourire.
L'adresse de la boutique de Ana-Rita :
Kusica Chikan
5, rue de la Poste
Valenciennes
03 27 25 13 76
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