Elle a 34 ans, deux enfants et habite à Alfortville. Tous les matins, elle quitte le 9-4 pour rejoindre l’hypermarché Carrefour de Rambouillet. Il est 6 heures lorsqu’elle salue son équipe, arrivée sur les lieux une heure plus tôt. Et c’est parti pour une journée qui prendra fin vers 18h30/19h. Ce rythme de travail n’entame en rien la bonne humeur de Laldja. Elle s’y est adaptée depuis de nombreuses années, depuis ce jour en 1993, où elle a poussé les portes du Carrefour de Créteil comme femme de ménage.
Originaire d’Algérie, ne parlant alors aucun mot de français, ce petit bout de femme de "1,59 mètres pour 54 kilos" tient-elle à préciser, n’a cessé de déployer une irrésistible envie d’apprendre. Une motivation qui s’avère payante. Au bout de trois ans, elle troque son balai pour devenir manutentionnaire au rayon fruits et légumes, puis finit par décrocher un poste d’employé à la poissonnerie. "J’étais toujours derrière mon chef, à le questionner, à suivre ce qu’il faisait, se souvient Laldja. Il m’a confié un poste à petite responsabilité d’animateur de vente, puis me laissait gérer le rayon lorsqu’il n’était pas là. Finalement, il m’a proposé de passer stagiaire manager. Pendant un an, j’ai suivi des formations sur la gestion, la marchandise, etc., et mon chef a été mon tuteur". 2004, elle est nommée manager métier au Carrefour de l’Hay-les-Roses. "C’était mon premier poste. J’avais un peu peur car j’étais responsable de mon compte d’exploitation et de sept personnes. Mais tout s’est très bien passé. J’avais une bonne équipe, j’ai atteint mes objectifs, je me suis vraiment éclatée. C’était deux ans de bonheur."
Septembre 2006, nouveau tournant dans l’évolution de Laldja. Elle devient manager du rayon poissonnerie au Carrefour de Rambouillet, un poste tenu généralement par un Bac+3 minimum. Elle gère quatre hommes et quatre femmes, et quelques « extras » le week-end. Et se donne à fond entre son équipe, les clients, la marchandise… "Je m’impose par mon travail. Je montre ce que je sais faire sur le rayon. On sait ce que je veux. Pas la peine de crier, je ne tiens pas à effrayer mon équipe". L’avenir, Laldja le voit en "grand". "Je veux évoluer encore davantage, être un très bon manager, peut-être dans un autre métier, dans les produits frais par exemple, devenir responsable de secteur".
Le parcours de Laldja ne passe pas inaperçu. Parrainée par Carrefour pour participer aux Trophées Femmes de l’année de la grande distribution, elle décroche celui de la meilleure Femme Manager. "J’étais fière et émue d’avoir gagné face à tellement de managers". Sans doute a-t-elle aussi dû mesurer tout le chemin parcouru… Et quand est-il de sa vie de mère ? "C’est vrai que c’est un peu dur pour les enfants. Mais lorsque je suis en repos ou en vacances, je rattrape le temps perdu et ne me consacre qu’à eux."